Une image, une histoire !

Ateliers d’écriture animés par Marie Gana avec les photographies de Joël Arpaillange. 

Marie Gana, auteure de roman et scénariste, anime des ateliers d’écriture en France en Belgique et en Suisse. Depuis ce début d’année, elle propose, en collaboration avec Joël Arpaillange, dont elle apprécie tout particulièrement le travail, des ateliers sur le thème de « la Relation ». Elle y propose de nombreuses photographies , pour progresser dans l’écriture avec un support visuel.

Voici quelques textes imaginés et travaillés durant les Ateliers d’écriture dont le thème était « la Relation » avec un être ou un objet.

Christine Van Steen  à partir de « Les tambours de Doudou N’Diaye Rose »  Dakar 1986

(Photo extraite de l’exposition « La fête Africaine »)

« Les tambours de Doudou N’Diaye Rose »  Dakar 1986

Décrire la photo après l’avoir regardée un temps puis retournée.

«  C’est la fête dans un village d’Afrique, en noir et blanc… Une haie de spectateurs assis au sol forme un cercle décrivant la scène à même la terre. Ce gradin dégradé, composé des plus petites têtes d’enfants au plus jeunes, jusqu’aux adultes,  ont le regard tourné vers cet ensemble de musiciens. Ceux-ci portent à la taille leur instrument, une sorte de jembé.
Au centre, à l’avant plan de la photo, le visage tourné vers le photographe, un homme tout habillé d’un blanc éclatant, longiligne, d’une minceur et d’une taille impressionnante. Son visage ouvert arbore un sourire large déployant sa denture d’une blancheur contrastant avec sa peau noire. La joie de la fête se lit sur son visage jusque dans le sourire des yeux.
Il frappe de ses mains agiles, la peau claire de son instrument avec une telle rapidité que la vision de ses mains est floue. Les autres musiciens sont là, … »

Christine Van Steen

 

Patrick Ralichon à partir de « Angélus, Louis-Jean » Peyrillac 1980

(Photo extraite de l’exposition « Au siècle dernier. Portraits »)

Louis-Jean M. Peyrillac 1980

C’est un vieil homme, sans doute fermier, qui se tient droit, appuyé sur une fourche,  près d’une cabane en bois. Le sol est jonché de pailles et l’homme se trouve devant une sorte de verdure qui paraît encore sauvage. Le tout semble dater d’il y a une cinquantaine d’années. Sa posture me fait penser à quelqu’un qui symbolise la maîtrise de son métier, il semble faire corps avec son outil qui, même ancien semble bien plus robuste, « fidèle », que bien d’autres plus récents, en tout cas, pour lui-même. Bien que je puisse imaginer  la rudesse de sa profession, ayant sculpté les traits de ce personnage,  son attitude  ne montre pas la pénibilité qu’impose son environnement.

« Voyez, cette fourche m’aide à travailler autant que j’aide à son utilité. Mais elle m’aide aussi à me reposer. Elle semble vieille, mais toujours réparable, pour peu que j’en prenne soin, avant chacune de ses poses….

Peut-être est-ce simplement un vieil homme dans un jardin, occupé à son loisir de retraité, mais sa façon d’être, me persuade qu’il a travaillé dur, et le paysage que dessine cette silhouette de la campagne, faisant un avec la terre et son outil, n’apparaît-il pas comme une scène de prière aux éléments de la nature ?

Patrick Ralichon