Une image, une histoire !

Ateliers d’écriture animés par Marie Gana avec les photographies de Joël Arpaillange. 

Marie Gana, auteure de roman et scénariste, anime des ateliers d’écriture en France en Belgique et en Suisse. Depuis ce début d’année, elle propose, en collaboration avec Joël Arpaillange, dont elle apprécie tout particulièrement le travail, des ateliers sur le thème de « la Relation ». Elle y propose de nombreuses photographies , pour progresser dans l’écriture avec un support visuel.

Voici quelques textes imaginés et travaillés durant les Ateliers d’écriture dont le thème était « la Relation » avec un être ou un objet.

Christine Van Steen                                                                           à partir d’ « Adrien S. Pechpialat 1977 »

(Tiré de l’exposition « Au siècle dernier. Portraits« )

Adrien S. Pechpialat 1977

Travail sur l’inconscient collectif, découvrir quelle analogie se cache dans ce tableau-photo.

Le terroir :

La terre, belle nature sauvage, florissante, fertile, lourde et légère à la fois… L’homme de la terre, labouré lui-même par celle-ci, enraciné en elle tel l’arbre duquel il cueillera le fruit. Il le transformera pour le redonner à la nature… La nature sous toutes ses formes, l’ami fidèle compagnon, soutien l’homme de sa présence infaillible.

Christine Van Steen

Patrick Ralichon                                                                                    à partir de  « Jeu de cartes à Fadiouth »

(Tiré de l’exposition « Sénégal, mosaïque de peuples« )

Jeu de cartes. Fadiouth.

Travail sur le souvenir : une image vue seulement quelques instants. 

Ce que j’ai cru voir :

Une petite table basse en bois, sur laquelle sont disposées quelques cartes à jouer.

De part et d’autre  de cette table, deux hommes assis sur une chaise plus haute que celle-ci.

Le parterre est de sable, ou terre battue, le lieu est dénué de tout meuble, objet et décoration. Il semble appartenir à des gens pauvres en bien. Ces hommes semblent concentrés, mais forment comme un duo de l’oubli de la rudesse de leur vie. Entre la silhouette des deux hommes, un petit enfant apparaît, semblant  jouer, en marchant paisiblement, ou se diriger vers quelque part dans une autre pièce. Il y aurait donc une famille ? Est-ce que ce lieu lui appartient ?

Derrière  l’homme de droite, on entrevoit le dos d’un autre personnage qui fait sûrement partie d’un autre duo de joueurs.

Pourquoi cette photo m’évoque -t- elle  une certaine tristesse ?

Par ce que j’ai cru voir bien trop vite. En effet, certes, la table n’en est pas une, c’est un banc  qui sert aussi de table. Qui sait sa longueur, et combien de joueurs se sont confinés sur cette planche ? mais les deux homme ne semblent pas pauvres du tout. Ils sont bien habillés, élégants et l’un deux porte une montre et une bague de valeur (Je ne suis plus sûr de quels bijoux). Souvent, par ces a priori  tenaces que nous portons en nous, issus de pays dit développés,  nous nous éloignons  de la simple réalité qui est pourtant sous notre nez. J’y ai mis ma propre tristesse dans ce décor où la majeure partie de ces gens n’ont peut-être pas grand-chose par rapport à nous,  mais ont en eux le plus important, l’essentiel…

Patrick Ralichon