LES PAUSES PHOTOGRAPHIQUES 4 février 2015 Centre culturel Bellegarde

LES PAUSES PHOTOGRAPHIQUES

Conférences & rencontres / photographie 

 

Mercredi 4 février 18h30-20h30

Centre culturel Bellegarde / Auditorium

CONFÉRENCE
&
WORKSHOP
avec Philippe Brault

6-7-8 FÉVRIER 2015

brault

 Photographie ou image en mouvement, quel media pour quelle histoire ?

« Cela fait plus de vingt ans que je jongle entre caméra et appareil photo et je crois pouvoir dire aujourd’hui que ces deux outils me conviennent bien. La caméra construit l’histoire. La photographie, quant à elle, m’a apprise a trouver la bonne distance par rapport aux autres. A donner du sens à chaque image, a être attentif au moindre détail. A installer un climat en une fraction de seconde, à dire l’essentiel sans jamais tout révéler. J’ai découvert qu’elle était aussi un formidable moyen d’écouter les autres et sans doute la meilleure école pour apprendre à observer.

Cela commence par le choix d’une lumière et par un point de vue. Par ce que l’on décide de garder dans le cadre et puis ce que l’on exclut. Et au bout du compte c’est toujours l’histoire que l’on raconte qui compte.

En 2006, j’ai posé mes appareils de reportage, changé ma méthode de travail, et me suis mis à  travailler à la chambre photographique. Ce matériel lourd  me semblait correspondre à mon rythme, à mon monde intérieur. Mon approche du sujet n’était plus la même. Je ne passais plus pour un voleur d’image, je m’affirmais clairement comme photographe, avec un pied et un voile noir. Ma posture changeait.  Cette nouvelle approche photographique a favorisé la mise en confiance avec les autres. Elle m’a aidé a approcher la violence dans le calme, au Liban, au Kosovo,  au Guatemala. Avec une chambre photographique, on ne s’autorise qu’une ou deux prises de vues par scène. Sa pratique suppose de savoir exactement ce que l’on veut raconter. Chaque photo que l’on prend trouve sa pertinence par rapport à une série.

Quatre ans plus tard, sur le web documentaire Prison Valley, il fallait non plus raisonner en terme d’image unique mais penser à des séquences photographiques. Accepter de garder des images plus faibles pour les besoins de la narration, multiplier les valeurs de plans et d’axes caméra. Parfois une photo suffisait pour laisser voir, pour montrer, pour raconter. Parfois, l’image en mouvement s’imposait. Pour la narration, et pour le rythme. J’ai pris autant plaisir à soigner le cadre et la lumière en vidéo que j’en ai pour une photo. Et puis, je renouais avec une vieille expérience technique, acquise il y a vingt ans, comme assistant caméra sur des tournages de fiction cinéma et de documentaires. C’était comme un ensemble d’expériences diverses qui, tout d’un coup, faisait sens.

Il existe depuis toujours une frontière entre image fixe et image animée, comme il existe deux monde, celui de la photographie et celui du cinéma. Aujourd’hui, les appareils photos et les téléphones portables nous offrent de plus en plus ces deux fonctions (photo et vidéo) dans un même appareil. Fleureter avec cette frontière, peut alors devenir magique.”

A propos de Philippe Brault

Philippe Brault  est photographe et réalisateur. Il est le lauréat de nombreux prix, dont le World Press Photo Multimedia Contest 2010. Son travail a été publié et exposé dans le monde entier. Après avoir travaillé plusieurs années comme assistant caméra sur des documentaires et des fictions, il se tourne vers la photographie en 1993. Depuis 2009, il partage a nouveau sa vie entre cinéma et image fixe. Si l’enjeu est toujours politique, la photographie de Philippe Brault ne saurait cependant se circonscrire à sa seule fin journalistique ; la question du temps de la prise de vue étant envisagée indépendamment de l’événement médiatique. Sa démarche, son esthétique s’inscrivent pleinement dans la veine d’un nouveau documentaire, toujours plus poétique et distancié. Prison Valley, qu’il co-réalise en 2010 avec David Dufresne, marque son retour à la caméra. Ce web documentaire sur l’industrie de la prison dans le Colorado, produit par Arte et Upian, est récompensé par huit prix internationaux dont le World Press Photo, le prix Italia, le Prix France 24-RFI et le Grimme Online Award en Allemagne. En 2005, Il obtient la Picture of the Year par le magazine anglais New Scientist pour son travail sur la Nouvelle- Orléans. A deux reprises, en 2006 et 2008, Il est finaliste du Prix Paris Match, pour sa couverture des évènements du CPE et pour son travail à la chambre 4×5 sur la violence ordinaire à Guatemala City. En 2006, il reçoit la Picture of the Year par le magazine américain Newsweek et est finaliste du prix Unicef photo of the year pour son travail sur les réfugiés irakiens. Il est membre de l’agence VU’ depuis mars 2010.

Copyright photo : Agence vu’

Entrée libre dans la limite des places disponibles